Si on met deux ans à ne s’occuper que de questions britanniques, alors, dans deux ans, il n’y aura plus d’Europe

Le vendredi 24 juin 2016 Interview France Info Les négociations sur les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne peuvent durer jusqu’à deux ans. Mais « si on met deux ans à ne s’occuper que de questions britanniques, alors dans deux ans, il n’y aura plus d’Europe », a prévenu vendredi sur France Info Pervenche Berès, députée européenne et présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen. Elle a expliqué que dans les institutions européennes, désormais « les Britanniques ont nécessairement un rôle de simples observateurs ». La députée européenne s’est aussi inquiétée pour la situation interne au Royaume-Uni : « C’est une page blanche qui s’ouvre. Ou plutôt une page grise parce qu’on ne voit pas très bien comment ce pays va rebondir. Il est au bord de l’implosion », avec « la question écossaise, la rupture entre les villes et les campagnes, entre les classes défavorisées et l’élite dirigeante ».

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Brexit : le Parlement européen met la pression

Communiqué de presse – Bruxelles – mardi 28 juin 2016

Le Parlement européen a adopté, aujourd’hui en plénière extraordinaire (395 +, 200 -, 71 abs), une première résolution sur les conséquences du référendum britannique.
Une rupture, c’est difficile. Un divorce, toujours douloureux. Et, quand il y a des enfants et des biens, plus compliqué encore ! Le Brexit se situe dans cette dernière catégorie, tant, après 40 ans d’Union, nous avons créé des interdépendances.
Le Parlement européen souhaite que l’article 50 soit activé aussi vite que possible et que les négociations puissent commencer comme nous l’avions souhaité dès le lendemain du référendum. Manifestement, les eurosceptiques et les europhobes ne sont pas sur cette ligne : ils sont dans la contradiction et n’ont ni la moindre idée, ni le moindre projet pour la suite. Cette situation doit servir de leçon : c’est au moment de l’accord entre le Royaume-Uni et les 27, en février dernier, que nous aurions dû faire stipuler qu’en cas de Brexit la Grande-Bretagne s’engageait à activer immédiatement l’article 50. Nous prenons acte de la légère accélération du calendrier par David Cameron, mais nous ne voyons pas ce qui interdit de lancer officiellement la procédure et de mettre fin à l’incertitude.

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« L’échec d’une Europe où le ciment entre les peuples et la prospérité seraient venus des seules vertus du marché »

Samedi 25 juin 2016

Tribune commune parue dans LeMonde.fr ar Pervenche Berès (présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen), Gianni Pittella (président du groupe socialiste et démocrate italien au Parlement européen), Udo Bullmann (président de la délégation sociale-démocrate allemande au Parlement européen)

Les électeurs britanniques ont tranché. Nous respectons et regrettons leur choix, car le départ du Royaume-Uni constitue une perte pour l’Union européenne (UE). Nous saluons les efforts de tous les Britanniques qui ont bataillé si fort pour le maintien dans l’UE.

Maintenant, les dirigeants de ce pays doivent tirer toutes les conséquences de cette décision et informer au plus vite le Conseil européen de leur demande de retrait. La volonté de M. Cameron d’attendre l’automne prochain pour activer officiellement l’article 50 [du traité de Lisbonne] est inacceptable pour les électeurs britanniques, qui viennent de se prononcer, et inacceptable pour les 27 autres Etats membres, qui n’ont pas à subir davantage le choix de M. Cameron et d’une majorité d’électeurs britanniques.

M. Cameron restera dans l’Histoire comme celui qui a mis son pays en dehors de l’UE pour résoudre un conflit politique interne à son parti et pour son destin personnel. Il a entraîné son pays au bord de l’implosion, sans parler de la demande, dès le lendemain du Brexit, de nouveaux référendums d’indépendance en Ecosse et maintenant en Irlande du Nord. Il doit être remplacé sans délai.

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Le Brexit expliqué à ma fille de 4 ans : « Libéré, délivré ? »

Mercredi 22 juin 2016

Tribune parue dans le HuffingtonPost

Bien sûr, le Royaume-Uni n’est pas Elsa, la Reine des neiges. Mais les similitudes entre la volonté du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne et la fuite d’Elsa du Royaume d’Arendelle sont nombreuses.

Elsa est différente, ne se sent pas à l’aise parmi les siens à cause de ses pouvoirs, un peu comme les Britanniques, entre leur insularité, leur humour et leur teatime. Ce sentiment d’être différent est le moteur principal de la fuite d’Elsa, qui espère, une fois seule, pouvoir enfin être elle-même. Mais, par cette fuite, elle n’est que de façon illusoire et provisoire « libérée, délivrée », en plus de plonger le royaume d’Arendelle dans un hiver éternel, ce qui, toute proportion gardée, pourrait arriver au Royaume-Uni et à l’Europe si le Brexit devait se concrétiser. La fuite n’est pas une solution pour s’épanouir, quitter la famille européenne non plus.

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Nous voulons poursuivre le plan d’investissement, mais pas dans n’importe quelle condition : il est temps d’écouter le Parlement européen.

Mercredi 8 juin 2016
Intervention en séance plénière sur le « Plan Juncker »

Pervenche Berès (S&D). – Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, merci de dire votre soutien au plan Juncker. Ce plan, nous, socialistes européens, l’avons voulu et le Parlement européen l’a également voulu. Nous nous réjouissons que vous envisagiez sa prolongation car, effectivement, l’investissement en Europe va mal. Paradoxalement, les taux d’intérêt bas ne favorisent pas l’investissement. Il y a les pays qui connaissent des difficultés à mobiliser des projets d’investissement, où il faut dix ans pour lancer la construction d’un pont, et il y a ceux qui n’ont pas les financements nécessaires. Alors, oui, le plan Juncker était nécessaire. Il doit être prolongé.

Mais, ce plan, nous l’avons voulu dans d’autres conditions que celles que vous avez accepté d’entendre.

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Dette grecque : le bon sens commence à l’emporter

Pervenche Berès (S&D). – Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, dans la variation des gammes que nous produisons sur la situation en Grèce, il me semble que trois leçons peuvent être tirées de la réunion de l’Eurogroupe, qui s’est tenue hier.

La première, c’est que les efforts massifs du gouvernement hellénique en matière de réformes et de sérieux budgétaire doivent être singulièrement salués. Il faut rappeler que les lois adoptées par Athènes, dimanche, sur le régime des retraites et sur l’impôt sur le revenu représentent plus de trois milliards d’économie annuelle. Ainsi, les engagements pris par Alexis Tsipras dans le cadre de l’accord noué l’été dernier sont tenus et sa crédibilité politique auprès des institutions non seulement ne peut pas être mise en cause, mais elle doit être, encore une fois, saluée et encouragée.

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La garantie jeunesse, c’est la mise en place d’un mécanisme totalement innovant

Pervenche Berès (S&D). – Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, ce débat est l’occasion de rappeler l’importance du combat pour l’emploi des jeunes et, sur ce chantier, il reste beaucoup à faire.

Dans ce Parlement, avec le Conseil et la Commission, nous avions mis en place la garantie jeunesse. Certains disent: « Mais elle n’est pas utilisée. Quels sont ces six milliards? Où sont-ils? »

Je vous le dis, dans un certain nombre de pays où cette affaire a été prise au sérieux, des efforts considérables ont été engagés, et nous voyons bien combien, aujourd’hui, il faut les prolonger.

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