Voici venu le temps des « Au revoir », cette lettre d’information parlementaire est donc la dernière.
J’ai conscience de quitter ce mandat alors que l’Europe n’est pas dans l’état que j’avais rêvé, imaginé, espéré. Pourtant, elle « est notre avenir ».
Ces 25 années passées au Parlement ont constitué une aventure incroyable. J’ai mené de beaux combats, et j’en retiens les victorieux, comme ceux que je laisse à mes successeurs. Je mesure la chance qui m’a été donnée et remercie celles et ceux qui m’ont fait confiance et qui m’ont permis d’exercer des responsabilités successives.
Je souhaite à celles et ceux qui siègeront bientôt à Strasbourg et à Bruxelles autant de passion, d’enthousiasme et d’engagement pour cette grande et belle maison de la démocratie qu’est le Parlement européen.
Je les encourage à la ténacité ; les batailles à mener durent longtemps mais il ne faut jamais baisser les bras. Etre députée européenne, ce n’est pas être hors-sol, c’est être au cœur de la démocratie européenne, de l’hémicycle où se construit l’espace public européen en écho des préoccupations des citoyens.
Je sais que la nouvelle génération est consciente des défis qu’elle doit affronter et qu’elle saura trouver la voie de la confrontation des idées pour faire advenir la transition écologique et la justice sociale, le bien commun, pour continuer de bâtir la maison commune.
Je vous remercie, vous lecteurs si souvent attentifs, de m’avoir accompagnée tout au long de ces années.
Il est temps pour moi d’écrire une nouvelle page, d’inventer une nouvelle vie dont je sais que l’Europe ne sera jamais très éloignée.
La crise des médias, un boulevard pour le Front national?
Tribune de Pervenche Berès, parue dans le Huffington Post, le 22 octobre 2015
Le Parlement européen est incarné, dans les médias français, par très peu de visages : Mme Le Pen, M. Le Pen, Mme Morano, M. Mélenchon et M. Philippot, essentiellement.
Sur 74 eurodéputé-e-s français et 751 européens, cinq noms, c’est peu, de surcroit quand le choix de ces « bons clients » se porte systématiquement sur des élus anti-européens, alors que ces derniers restent très minoritaires dans l’hémicycle strasbourgeois, et ne sont pas particulièrement reconnus pour leur travail en commission parlementaire, ni pour leur influence au sein de l’institution.
Pourquoi une telle visibilité ?
De l’aveu même de nombreux journalistes, victimes comme nous de ce système, ces élus sont des « machines à clics, machines à fric » au moment où les médias traversent une crise économique sans précédent.