Archives de l’auteur : Pervenche Berès

Il faut redonner du sens à l’intérêt général européen. C’est un défi pour l’Europe, c’est le rôle de la France

Mardi 16 février 2016

Euractiv.fr

Quel rôle pour la France dans la refondation de l’Europe ?

Une tribune cosignée par la Délégation socialiste du Parlement européen : Eric Andrieu, Guillaume Balas, Pervenche Berès, Jean-Paul Denanot, Sylvie Guillaume, Louis-Joseph Manscour, Edouard Martin, Emmanuel Maurel, Gilles Pargneaux, Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, Virginie Rozière, Isabelle Thomas.

L’Union européenne s’enfonce chaque jour un peu plus dans une crise sans précédent aux facettes multiples. Les attaques du 13 novembre ont choqué les Français et ébranlé, chez certains d’entre eux, les valeurs républicaines. Nous sommes convaincus qu’aucun pays ne pourra ni relever ces défis seul, ni se redresser sans l’Europe, a fortiori si celle-ci se désintègre.
Dans les crises récentes, l’Europe a trop souvent produit des décisions avec du ‘trop peu, trop tard’, avec une intégration sans responsabilité, sans véritable solidarité ; le doute s’est installé alors que l’Union européenne pourrait être le terrain permettant de redonner du souffle à notre horizon national. La construction européenne est vécue comme une addition d’interdépendances négatives n’ayant pas produit de solidarité. Elle met dangereusement en concurrence les États membres et les peuples. La méthode des petits pas, dès lors qu’elle s’est attaquée à des sujets relevant de la souveraineté partagée, est mise en échec. Maastricht n’a pas produit de politique économique européenne ; Schengen n’a pas produit de politiques communes d’asile, d’immigration ou de frontières extérieures.

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L’Europe peut accueillir dignement les réfugiés

Mardi 16 février 2016

Tribune commune parue dans Le Monde.fr
Par Pervenche Berès, Guillaume Duval et Yannick Jadot

La crise des réfugiés menace davantage encore le projet européen que n’avait pu le faire la crise de la zone euro après 2008. Pour avoir une chance de la surmonter sans défaire l’Europe, il faut desserrer le carcan de l’austérité. Le gouvernement français doit d’urgence faire des propositions en ce sens à nos partenaires, et notamment à nos voisins allemands que vous connaissez bien.
Il y a un an, le pire de la crise européenne paraissait derrière nous. Depuis 2010, de profondes transformations de l’architecture de la zone euro ont été mises en œuvre avec la création du Mécanisme européen de stabilité (MES) doté de 700 milliards d’euros, le démarrage de l’Union bancaire qui devrait permettre de dissocier les difficultés du système financier et celles des États ou encore la décision de la Banque centrale européenne d’intervenir systématiquement en cas de spéculation excessive et d’injecter plus de 1 000 milliards d’euros pour soutenir l’économie européenne.

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Face au dumping chinois, l’Europe doit se défendre

Tribune parue dans Libération
Le lundi 15 février 2016

Par les eurodéputés socialistes et radicaux : Eric Andrieu, Guillaume Balas, Pervenche Berès, Jean-Paul Denanot, Sylvie Guillaume, Louis-Joseph Manscour, Edouard Martin, Emmanuel Maurel, Gilles Pargneaux, Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, Virginie Rozière, Isabelle Thomas.

Accorder le statut d’économie de marché à la Chine risque fort de fragiliser économiquement l’Europe. Persévérer dans cette erreur, c’est prendre le risque de faire imploser l’Union.

La Chine n’est pas une économie de marché. Elle ne remplit qu’un des cinq critères requis pour prétendre à ce statut. Elle a choisi une stratégie de dumping qui ravage déjà les économies européennes. Le sujet est d’importance : loin d’être anecdotique ou procédurale, accorder le statut d’économie de marché à la Chine empêcherait la Commission européenne d’opposer des mesures antidumping aux produits chinois. Ces derniers sont pourtant vendus à des prix injustement bas grâce aux subventions massives et à la course au moins-disant social et environnemental dont ils bénéficient. Des centaines de milliers d’emplois industriels sont menacés. Ce n’est pas un hasard si ni les États-Unis, ni le Canada, ni le Japon n’ont l’intention de s’engager sur une voie si périlleuse… Nous devons travailler à une position commune pour éviter toutes mesures de rétorsions de la part des autorités chinoises.

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Le « rêve chinois » ne doit pas devenir le « cauchemar européen »

Il y a 15 ans, la Chine est entrée à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avec la promesse qu’en 2016 serait examinée la possibilité de lui reconnaître le statut d’économie de marché. La Commission européenne estime qu’elle doit préparer cette échéance, pendant que les Etats-Unis n’entendent pas bouger. La Chine joue sur les divisions des Européens et leur peur de mesures de rétorsion. Pourtant tout le monde en Europe sait que l’économie chinoise n’est pas encore devenue une économie de marché, mais que la Chine a déjà acheté des pans entiers de l’économie européenne. Loin d’être un gadget, ce statut conditionne les procédures antidumping à l’égard des produits chinois. Un passeport sans visa qui minerait le système européen de défense commerciale et priverait l’Union de la capacité de se protéger. Après le port d’Athènes et 45% de l’énergie au Portugal, l’actualité c’est, le 3 février dernier, le rachat par le groupe public ChemChina, géant de la chimie chinois, de Syngenta, premier fabricant d’herbicides mondial, tandis que l’acier chinois menace toute la production européenne et qu’Alibaba s’apprête à s’installer en Europe. Le Parlement européen a engagé cette semaine le débat ; il doit, comme souvent dans les affaires de commerce international, défendre l’intérêt des Européens et obliger la Commission européenne à engager une action devant l’OMC pour faire reconnaître que ce qui avait été imaginé il y a 15 ans, n’est pas devenu réalité : la Chine n’est pas une économie de marché.