Voici venu le temps des « Au revoir », cette lettre d’information parlementaire est donc la dernière.
J’ai conscience de quitter ce mandat alors que l’Europe n’est pas dans l’état que j’avais rêvé, imaginé, espéré. Pourtant, elle « est notre avenir ».
Ces 25 années passées au Parlement ont constitué une aventure incroyable. J’ai mené de beaux combats, et j’en retiens les victorieux, comme ceux que je laisse à mes successeurs. Je mesure la chance qui m’a été donnée et remercie celles et ceux qui m’ont fait confiance et qui m’ont permis d’exercer des responsabilités successives.
Je souhaite à celles et ceux qui siègeront bientôt à Strasbourg et à Bruxelles autant de passion, d’enthousiasme et d’engagement pour cette grande et belle maison de la démocratie qu’est le Parlement européen.
Je les encourage à la ténacité ; les batailles à mener durent longtemps mais il ne faut jamais baisser les bras. Etre députée européenne, ce n’est pas être hors-sol, c’est être au cœur de la démocratie européenne, de l’hémicycle où se construit l’espace public européen en écho des préoccupations des citoyens.
Je sais que la nouvelle génération est consciente des défis qu’elle doit affronter et qu’elle saura trouver la voie de la confrontation des idées pour faire advenir la transition écologique et la justice sociale, le bien commun, pour continuer de bâtir la maison commune.
Je vous remercie, vous lecteurs si souvent attentifs, de m’avoir accompagnée tout au long de ces années.
Il est temps pour moi d’écrire une nouvelle page, d’inventer une nouvelle vie dont je sais que l’Europe ne sera jamais très éloignée.
L’ampleur de la mutation et l’incompréhension qui en résulte expliquent la tentation du vote FN
Lundi 6 juin 2016
Revue « Regard sur les droites » –
Interview de Pervenche Berès
Présidente de la Délégation socialiste française au Parlement européen
Députée européenne, pour la circonscription Ile-de-France et Français établis hors de France
« L’ampleur de la mutation et l’incompréhension qui en résulte, expliquent le décrochage des jeunes et de toute une partie de l’opinion tentée, aujourd’hui, par le vote FN »
Les élections régionales de décembre dernier se sont soldées par une nouvelle et forte poussée du Front national, en France. Dans le reste de l’Europe, les partis populistes ont également le vent en poupe, et participent même au pouvoir dans cinq pays de l’Union. Comment analysez-vous ce phénomène ?
Ce phénomène s’inscrit dans une remise en cause globale des partis politiques traditionnels. En parallèle du résultat enregistré par ces mouvements nationalistes, on voit aussi des candidats hors système ou surprise émerger, comme Bernie Sanders aux Etats-Unis, ou Jeremy Corbyn au Royaume-Uni. Ou bien encore la percée de Podemos avec Pablo Iglesias en Espagne, de Syriza avec Alexis Tsipras en Grèce, ou même des mouvements comme Nuit Debout en France. Le FN l’a bien compris et c’est pour cela qu’il se présente comme la seule alternative. Ceci démontre à quel point l’offre politique est devenue plus complexe, en Europe mais aussi aux Etats-Unis.