Voici venu le temps des « Au revoir », cette lettre d’information parlementaire est donc la dernière.
J’ai conscience de quitter ce mandat alors que l’Europe n’est pas dans l’état que j’avais rêvé, imaginé, espéré. Pourtant, elle « est notre avenir ».
Ces 25 années passées au Parlement ont constitué une aventure incroyable. J’ai mené de beaux combats, et j’en retiens les victorieux, comme ceux que je laisse à mes successeurs. Je mesure la chance qui m’a été donnée et remercie celles et ceux qui m’ont fait confiance et qui m’ont permis d’exercer des responsabilités successives.
Je souhaite à celles et ceux qui siègeront bientôt à Strasbourg et à Bruxelles autant de passion, d’enthousiasme et d’engagement pour cette grande et belle maison de la démocratie qu’est le Parlement européen.
Je les encourage à la ténacité ; les batailles à mener durent longtemps mais il ne faut jamais baisser les bras. Etre députée européenne, ce n’est pas être hors-sol, c’est être au cœur de la démocratie européenne, de l’hémicycle où se construit l’espace public européen en écho des préoccupations des citoyens.
Je sais que la nouvelle génération est consciente des défis qu’elle doit affronter et qu’elle saura trouver la voie de la confrontation des idées pour faire advenir la transition écologique et la justice sociale, le bien commun, pour continuer de bâtir la maison commune.
Je vous remercie, vous lecteurs si souvent attentifs, de m’avoir accompagnée tout au long de ces années.
Il est temps pour moi d’écrire une nouvelle page, d’inventer une nouvelle vie dont je sais que l’Europe ne sera jamais très éloignée.
Le résultat du referendum britannique nous oblige ; à tout, sauf au renoncement.
Le 24 juin au matin, nous saurons si le Royaume-Uni poursuit ou non, avec nous, l’aventure européenne. Si les Britanniques restent, l’accord passé le vendredi 19 février dernier devra être respecté et mis en œuvre : limitation des aides sociales aux migrants, « carton rouge » permettant à des parlements nationaux d’opposer un veto à toute législation européenne, exemption pour le Royaume-Uni «d’une Union toujours plus étroite», possibilité de ne pas payer pour les crises de la zone euro et volonté «d’améliorer la compétitivité» et la prise «de(s) mesures concrètes» pour avancer. Si les Britanniques choisissent l’isolement, les eurosceptiques et les populistes du continent crieront victoire, et l’Europe sera sous la menace sismique d’un démaillage en chaine parce, pays après pays, chacun pourrait faire surenchère à l’exit. Les Européens doivent respecter la souveraineté du peuple britannique et je forme le vœu qu’il choisisse de rester dans son intérêt, dans le nôtre, pour la sécurité, pour la lutte contre le terrorisme, pour la démocratie, qui lui doit tant. Mais quel que soit le résultat, sa mise ne œuvre va nécessiter de long travaux. Cette tâche devra être menée avec sérieux et détermination, mais elle ne doit pas accaparer toute l’énergie et l’audace. Quel que soit le résultat de ce referendum, il nous oblige. Il nous oblige, à la refondation, à la clarification, au rassemblement, à l’action commune. Il nous oblige à tout, sauf au renoncement.