Voici venu le temps des « Au revoir », cette lettre d’information parlementaire est donc la dernière.
J’ai conscience de quitter ce mandat alors que l’Europe n’est pas dans l’état que j’avais rêvé, imaginé, espéré. Pourtant, elle « est notre avenir ».
Ces 25 années passées au Parlement ont constitué une aventure incroyable. J’ai mené de beaux combats, et j’en retiens les victorieux, comme ceux que je laisse à mes successeurs. Je mesure la chance qui m’a été donnée et remercie celles et ceux qui m’ont fait confiance et qui m’ont permis d’exercer des responsabilités successives.
Je souhaite à celles et ceux qui siègeront bientôt à Strasbourg et à Bruxelles autant de passion, d’enthousiasme et d’engagement pour cette grande et belle maison de la démocratie qu’est le Parlement européen.
Je les encourage à la ténacité ; les batailles à mener durent longtemps mais il ne faut jamais baisser les bras. Etre députée européenne, ce n’est pas être hors-sol, c’est être au cœur de la démocratie européenne, de l’hémicycle où se construit l’espace public européen en écho des préoccupations des citoyens.
Je sais que la nouvelle génération est consciente des défis qu’elle doit affronter et qu’elle saura trouver la voie de la confrontation des idées pour faire advenir la transition écologique et la justice sociale, le bien commun, pour continuer de bâtir la maison commune.
Je vous remercie, vous lecteurs si souvent attentifs, de m’avoir accompagnée tout au long de ces années.
Il est temps pour moi d’écrire une nouvelle page, d’inventer une nouvelle vie dont je sais que l’Europe ne sera jamais très éloignée.
Brexit : à l’Union de parler
L’article 50 ayant été déclenché le 29 mars dernier par le Royaume-Uni, il appartient à l’Union européenne, aux 27 de dire ce qu’ils veulent. La réponse doit être concertée et collective. C’est ainsi qu’un premier point a été marqué. Madame May réclame que les négociations de sortie se déroulent en parallèle de pourparlers sur le futur cadre des relations entre le Royaume-Uni et l’UE, laissant au passage entendre que ce serait le prix à payer pour le maintien de la coopération britannique en matière de sécurité, avec chantage non voilé à un possible dumping fiscal…. La ferme fin de non-recevoir du Conseil, de la Commission, du Parlement européen dans sa résolution est à saluer. Mais la tâche est loin d’être terminée alors que la première ministre propose à l’Union européenne d’établir la relation future sur la base d’un accord de libre-échange plus ambitieux que l’Union n’ait jamais négocié, compte-tenu de ce que le Royaume-Uni aura intégré dans son droit interne la législation actuellement en vigueur au sein de l’Union. L’accord porterait en particulier sur les services financiers et les industries de réseaux, bénéficierait d’une coopération réglementaire et d’un mécanisme adapté de règlement des différends. Madame May voudrait donc faire ses courses au sein du marché intérieur de l’Union européenne. La détermination des 27 pour empêcher ce détournement sera essentielle. La résolution votée par le Parlement européen par 516 votes pour, 133 contre et 50 abstentions, première institution à se prononcer est une bonne étape. La réussite des négociations, dans l’intérêt des citoyens européens et britanniques, de l’Union elle-même, dépendra du maintien de cette cohésion et de cette fermeté dont les institutions et leurs dirigeants ont su faire preuve pour l’instant. Elle suppose aussi que l’Union et ses Etats membres se servent de ce rendez-vous pour clarifier ce qu’ils veulent pour leur propre avenir.