Voici venu le temps des « Au revoir », cette lettre d’information parlementaire est donc la dernière.
J’ai conscience de quitter ce mandat alors que l’Europe n’est pas dans l’état que j’avais rêvé, imaginé, espéré. Pourtant, elle « est notre avenir ».
Ces 25 années passées au Parlement ont constitué une aventure incroyable. J’ai mené de beaux combats, et j’en retiens les victorieux, comme ceux que je laisse à mes successeurs. Je mesure la chance qui m’a été donnée et remercie celles et ceux qui m’ont fait confiance et qui m’ont permis d’exercer des responsabilités successives.
Je souhaite à celles et ceux qui siègeront bientôt à Strasbourg et à Bruxelles autant de passion, d’enthousiasme et d’engagement pour cette grande et belle maison de la démocratie qu’est le Parlement européen.
Je les encourage à la ténacité ; les batailles à mener durent longtemps mais il ne faut jamais baisser les bras. Etre députée européenne, ce n’est pas être hors-sol, c’est être au cœur de la démocratie européenne, de l’hémicycle où se construit l’espace public européen en écho des préoccupations des citoyens.
Je sais que la nouvelle génération est consciente des défis qu’elle doit affronter et qu’elle saura trouver la voie de la confrontation des idées pour faire advenir la transition écologique et la justice sociale, le bien commun, pour continuer de bâtir la maison commune.
Je vous remercie, vous lecteurs si souvent attentifs, de m’avoir accompagnée tout au long de ces années.
Il est temps pour moi d’écrire une nouvelle page, d’inventer une nouvelle vie dont je sais que l’Europe ne sera jamais très éloignée.
L’addition des égoïsmes nationaux n’a jamais produit un destin européen, M. Tusk
M. Tusk, président du Conseil européen veut un « Agenda des leaders » pour réformer l’Union et trouver plus efficacement « des solutions pratiques aux vrais problèmes des citoyens » au-delà des intérêts politiques divergents des Etats. Il oublie peut-être que c’est cette instance qui s’est réunie de si longues heures en conclave, sans briller ni dans l’affaire grecque, ni dans celle des migrants. Il tourne ainsi le dos à l’alliée naturelle de toute avancée européenne, la Commission et la méthode communautaire. La nostalgie n’est pas bonne conseillère et le retour d’un Congrès de Vienne permanent ne permettra pas de réduire les inégalités ou d’organiser la souveraineté européenne, ce dont l’Union et les Européens ont cruellement besoin. Ce n’est pas en renforçant le caractère intergouvernemental des prises de décisions que l’Union deviendra plus efficace, plus forte, mieux aimée des citoyens. L’addition des égoïsmes nationaux n’a jamais produit un destin européen. C’est pour cela que l’Union a besoin de la Commission et du Parlement européen. Plaider pour une Union des résultats, c’est supprimer la règle incapacitante de l’unanimité grâce aux clauses-passerelles, d’abord en matière de justice fiscale ; c’est donner à l’Union un budget digne de ce nom. Pour sortir de l’immobilisme, faire preuve d’une volonté utile, retrouver l’esprit de solidarité, il ne faut pas que les dirigeants de l’Union reprennent la main, mais qu’ils soutiennent plus de solidarité, de démocratie.