Archives de l’auteur : Pervenche Berès

LES ÉTATS MEMBRES PRENNENT LA MESURE DE L’ENJEU

Lors du dernier Conseil Emploi et affaires sociales, le 7 juin, les Vingt-sept ont adopté des en faveur du vieillissement actif et d’un revenu adéquat. Si celles-ci ne sont pas contraignantes, elles démontrent les préoccupations des États membres en matière de viabilité et d’adéquation des pensions, qui relèvent de leur compétence. Pour lire la suite, cliquez ici

Pervenche Berès : « Les mesures d’austérité peuvent aggraver le manque d’optimisme économique »

Pervenche Berès explique au micro de BFM les risques qu’une politique d’austérité ferait courir à la relance en Europe. Pour écouter l’émission Grégoire Favet : Est-ce que le débat qui cherche à opposer relance et austérité est encore d’actualité ? Fait-il encore sens aujourd’hui ? Pervenche Berès : J’imagine que c’est le cas puisqu’il a lieu. En même temps, il faut regarder ce que cela signifie et quels sont les tenants et les aboutissants des différentes stratégies. On le voit bien aujourd’hui, au lendemain du G20 de Toronto, ce débat dépasse l’enjeu entre les Etats-Unis et l’Union européenne [UE], puisque la Chine aussi s’y est invitée. Elle exporte 20 % de ses produits vers l’UE, tandis qu’elle n’en exporte que 17 % vers les Etats-Unis, et elle est aujourd’hui très inquiète d’un possible ralentissement de la croissance et du dynamisme de l’économie européenne. C’est donc une question qui dépasse les arbitrages entre les différents Etats de l’UE. La crise dans laquelle nous sommes plongés a des relents historiques. Bien sûr, chaque crise a ses spécificités, mais en même temps il faut regarder le passé. On a beaucoup parlé de la crise de 1929, or, après elle, on a mis en place des politiques d’austérité qui se sont traduites par des récessions et une radicalisation des situations, à la fois économique et politique. Je ne dis pas qu’on en est là aujourd’hui, je dis simplement que, si l’on ne mène que des politiques d’austérité, on prend un très grand risque, à la fois économique et politique. Bien sûr le niveau des dettes est inquiétant, mais il l’est à la fois parce qu’il a fallu financer des mesures de soutien aux banques et à l’économie et parce que, tant que la reprise n’est pas là, la diminution des recettes est importante. On est donc dans un cercle vicieux, et le risque est d’aggraver le manque d’appétence, d’optimisme économique, et du coup de renforcer ce cercle vicieux. On est allé trop loin aujourd’hui en Europe ? Les Italiens ont montré dans une étude que les mesures d’austérité qui sont annoncées se traduiraient par un demi-point de croissance de moins, ce qui est confirmé par le Financial Times Deutschland… qui n’est pas suspect de complaisance devant les chiffres italiens. Il y aura donc une casse de la croissance, qui va se traduire par des casses en termes d’emplois. La difficulté, c’est qu’aujourd’hui on est face à une crise que certains qualifient de crise de la dette souveraine, au motif que la dette serait devenue trop importante. Moi, je l’appelle plutôt la crise de la gouvernance de la Zone euro. Si chacun des Etats membres, séparément, mettait en place, quelle que soit sa situation propre, ces stratégies d’austérité, je ne vois pas d’où reviendraient la confiance, la demande intérieure. On ne peut pas demander à des consommateurs de soutenir un gouvernement qui contracte totalement sa capacité d’investissement et leur demander d’être de bons citoyens, confiants dans l’avenir, et de favoriser la demande intérieure.

La guerre des carabiniers – La tribune

La crise économique la plus violente depuis 1929 a placé les agences de notation au banc des accusés. Leur contribution à l’élaboration de produits complexes et illiquides a parfois excédé la moitié de leurs revenus. De quoi favoriser une complaisance qui leur a fait prendre leurs distances avec une éthique indispensable pour des auditeurs externes. La crise a surtout rappellé que les agences sont comme des pompiers qui arrivent sur les lieux d’intervention lorsque l’immeuble est calciné et que les habitants ont péri sous les cendres Pour lire la suite

Carrefour de l’Europe

Pervenche Berès a participé à l’enregistrement  de l’émission « Carrefour de l’Europe » sur Radio France Internationale. Le thème de l’émission était « l’Europe et les marchés financiers ». L’émission sera diffusée ce jeudi 1er juillet à 10h50 et le dimanche 4 juillet à 12h10 puis à 21h10. pour écouter l’émission : carrefour_de_l_europe_2_20100704_1033

G20 de Toronto : Pervenche Berès déplore les limites d’une structure de gouvernance mondiale née de la crise

Pervenche Berès, rapportrice de la commission spéciale du Parlement européen sur la crise financière, économique et sociale et présidente de la commission de l’emploi et des affaires sociales voit en l’absence de résultats concrets du G20 qui s’est réuni ce weekend à Toronto les limites de cette structure de gouvernance mondiale. En retard sur son agenda de régulation des marchés financiers face aux Etats-Unis qui venaient d’adopter leur réforme, l’Union européenne n’a pas su convaincre ses partenaires de l’importance d’une taxation des transactions financière et d’une contribution des banques à la stabilisation du système financier. « L’Union européenne ne s’est pas donné les moyens de convaincre ses partenaires, elle devra donc le faire par la preuve en mettant en œuvre ces dispositifs à son échelle », exige l’eurodéputée socialiste française. Pervenche Berès dénonce également la mobilisation de l’Union européenne et de ses Etats membres participants au G20 en faveur de l’assainissement des finances publiques dès 2011. « Les plans de rigueur annoncés vont saper le retour de la croissance et de l’emploi. Alors que les Etats-Unis relancent la croissance par l’endettement et que les pays émergeants misent sur l’investissement, l’Europe se fragilise, met en péril la croissance mondiale, perpétue les déséquilibres globaux qui ont mené à la crise et se prive des moyens de peser dans la compétition mondiale de demain ».

The debate on working time of lorry drivers is close

Progressive Euro MPs today welcomed the decision of the European Commission to respect the vote of the European Parliament which guarantees that all truck drivers benefit from the same working time conditions. Said S&D vice-president responsible for Economic and Social Affairs, labour MEP Stephen Hughes and the chairwoman of the Employment and Social Affairs committee, French socialist Pervenche Berès: « The European Parliament has made it clear now twice that limits on working time and compulsory rest breaks should apply to all lorry drivers without exception. « The European parliament confirmed this again on 16June in Strasbourg. There is no need to reopen the debate. No new proposal is needed from the Commission. The EU member states must implement the European rules in force. « This has been a long standing battle of the socialist and democrats. It is about having fair and sensible rules and ensuring that EU roads are the safest in the world. »

« La discussion est bloquée par l’impasse franco-allemande » – La Tribune

L’entente affichée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel vous semble-t-elle augurer d’une meilleure gouvernance économique en Europe? Cela permet de sauver la face. Mais cela ne va pas régler le problème. On continue comme avant, on ne fait pas le bilan. La stratégie de Lisbonne n’a pas marché, mais on la remet sur la table. On fait la même chose avec le Pacte de stabilité. Cela n’a pas marché, mais on recommence. On ne peut pas piloter un espace économique aussi important que la zone euro avec deux petits chiffres. C’est infantile. Cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine, c’est une crise de la gouvernance de la zone euro. Mais le groupe van Rompuy propose justement de nouveaux indicateurs de compétitivité… L’application d’indicateurs ne permet pas d’être intelligent, de saisir le moment, de créer de la valeur ajoutée européenne. Cet exercice sur la gouvernance économique aurait dû faire l’objet d’une convention. Le débat est bloqué depuis dix ans par l’impasse franco-allemande, et on tente de le résoudre en urgence par le franco-allemand. Il n’y a pas d’idées nouvelles côté français et une radicalisation côté allemand. La véritable urgence, c’était d’avoir un fonds. On l’a. Prenons le temps de débattre. Si on veut que cela marche mieux, il faut associer les parlements nationaux, non pas faire des ajustements à la marge. Ou alors se doter d’un budget communautaire de 20 % du PIB qui permettra de laisser les États membres faire ce qu’ils veulent. Mais il ne semble pas qu’on en prenne le chemin. José Manuel Barroso considère que c’est la commission qui est le gouvernement économique de l’Europe, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel que ce sont les Vingt-Sept. Qui doit piloter? Ni l’un ni l’autre. Il faut un mixte sinon cela ne marchera pas. D’où l’idée d’un monsieur Euro, un équivalent de Catherine Ashton, qui ait la double légitimité et de la visibilité à l’extérieur. Le président du Conseil Herman van Rompuy ne pourrait-il jouer ce rôle? Il est trop intergouvernemental. S’il était en même temps président de la Commission, ce que n’interdisent pas les traités, alors oui, il pourrait jouer le rôle de chef du trésor européen, avoir la légitimité suffisante. Propos recueillis par Florence Autret (*) Présidente de la commission des affaires sociales du Parlement européen et rapporteur de la commission sur la crise économique, financière et sociale. Pervenche Berès (*)