Voici venu le temps des « Au revoir », cette lettre d’information parlementaire est donc la dernière.
J’ai conscience de quitter ce mandat alors que l’Europe n’est pas dans l’état que j’avais rêvé, imaginé, espéré. Pourtant, elle « est notre avenir ».
Ces 25 années passées au Parlement ont constitué une aventure incroyable. J’ai mené de beaux combats, et j’en retiens les victorieux, comme ceux que je laisse à mes successeurs. Je mesure la chance qui m’a été donnée et remercie celles et ceux qui m’ont fait confiance et qui m’ont permis d’exercer des responsabilités successives.
Je souhaite à celles et ceux qui siègeront bientôt à Strasbourg et à Bruxelles autant de passion, d’enthousiasme et d’engagement pour cette grande et belle maison de la démocratie qu’est le Parlement européen.
Je les encourage à la ténacité ; les batailles à mener durent longtemps mais il ne faut jamais baisser les bras. Etre députée européenne, ce n’est pas être hors-sol, c’est être au cœur de la démocratie européenne, de l’hémicycle où se construit l’espace public européen en écho des préoccupations des citoyens.
Je sais que la nouvelle génération est consciente des défis qu’elle doit affronter et qu’elle saura trouver la voie de la confrontation des idées pour faire advenir la transition écologique et la justice sociale, le bien commun, pour continuer de bâtir la maison commune.
Je vous remercie, vous lecteurs si souvent attentifs, de m’avoir accompagnée tout au long de ces années.
Il est temps pour moi d’écrire une nouvelle page, d’inventer une nouvelle vie dont je sais que l’Europe ne sera jamais très éloignée.
Entretien avec Pervenche Berès dans Cides, Chorum Initiatives pour le développement de l’économie sociale et solidaire
Trois questions à Pervenche Berès
Pervenche Berès aborde dans cet entretien le budget européen et le FSE, le statut européen des mutuelles et les avancées européennes sur l’entrepreneuriat social.
Le prochain budget européen 2014-2020 risque de connaître des coupes conséquentes. Est-ce un mauvais présage pour la cohésion sociale et notamment pour les fonds structurels et tout particulièrement pour le FSE ?
La programmation financière pluriannuelle 2014-2020, repose sur des négociations qui sont en cours et qui sont très difficiles. C’est là que se définit l’équilibre entre les grandes politiques pour les sept ans à venir. La Commission européenne a fait des propositions, la Parlement aussi, ce dernier souhaitant que l’on finance un peu plus de politiques, mais le Conseil européen et notamment les Britanniques veulent qu’il y ait moins de financement, tout en voulant rester dans la négociation. C’est pour cette raison que tout est reporté à janvier. Et, tout reste donc possible. Le dossier n’est pas clos mais les esprits se focalisent autour de cette question au détriment d’autres qui auraient besoin d’un engagement fort de la part des Etats membres pour trouver de nouveaux équilibres. Il y a des enjeux très importants, certains Etats membres voudraient diminuer la part de la Politique agricole commune (PAC), d’autres insistent beaucoup sur la politique de cohésion. Selon moi, évidemment il faut maintenir l’idée que 25 % du budget de la politique de cohésion doit être consacrée au Fonds social européen (FSE) et que cette part soit sanctuarisée. Je crains que l’ensemble des politiques sociales souffre de cette discussion et au sein de la politique de cohésion, j’ai une inquiétude particulière pour la politique concernant le FSE.