Archives de l’auteur : Pervenche Berès

Un sommet pour la zone euro, … il est temps !

La presse a essentiellement retenu du Conseil européen la désignation des nouveaux visages de l’Union européenne, le duo Donald Tusk – Federica Mogherini – qui succèderait à Herman Van Rompuy – Catherine Ashton.

Pourtant, la bonne nouvelle de ce Conseil européen, c’est l’accord des chefs d’Etat et de Gouvernement sur l’organisation d’un sommet dédié à la situation économique de la zone euro, même s’il eut été préférable de l’organiser en parallèle de celui dédié à l’emploi des jeunes…

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« Le sommet Paris Climat 2015, un vrai test pour la France »

Interview Paris Match 1er Août 2014 Adrien Gaboulaud Paris Match. Que pensez-vous du choix de François Hollande de désigner Pierre Moscovici comme candidat au poste de commissaire européen, alors que vous-même étiez intéressée par le poste? Pervenche Berès. C’est son choix. Vous n’avez pas plus de commentaires à faire? Pas plus. Pensez-vous que le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, peut être l’homme d’une réorientation de l’Europe? Il a déjà démontré dans l’hémicycle qu’il ne faisait pas du Barroso. Il a une fibre européenne que son prédécesseur n’avait pas. Il est soucieux de l’état du projet européen. Il est dans une équation très difficile et c’est pour ça que les commissaires de gauche ont une responsabilité très forte. Ils ne doivent pas baisser la garde, ni être des socialistes de façade. Qu’a changé l’arrivée de nombreux élus du Front national au Parlement? Ça nous oblige à vraiment faire fonctionner la démocratie parlementaire, c’est-à-dire à travailler avec les démocrates. Ça suppose de ne pas être obsédé par le discours de madame Le Pen sur l’UMPS, mais par la réorientation de l’Europe. Ce qui est vrai aussi, c’est qu’on ne peut pas compter seulement les points de madame Le Pen. Il y a le Front national, l’Ukip et les conservateurs britanniques. Ils se détestent, ils s’engueulent, mais sur une stratégie anti-européenne, ils peuvent se retrouver dans la même majorité. Vous entamez votre cinquième mandat au Parlement européen par une offensive sur la transition énergétique. Pensez-vous vraiment que les socialistes français sont mobilisés sur cette question? Dans la délégation socialiste française que je préside, c’est une idée très partagée. Cette perception-là est très partagée dans la délégation. Que pensez-vous du projet de loi présenté cette semaine par Ségolène Royal? Je crois que le travail engagé par Ségolène Royal est totalement en phase avec ce que je dis au niveau européen. Il y a des innovations qui vont vraiment mettre la France à l’avant-garde, par exemple sur le soutien à la rénovation des bâtiments. La question du nucléaire a fait polémique. L’Allemagne s’est montrée beaucoup plus radicale que la France en fermant ses centrales. Comment arriver à un consensus sur ce sujet au niveau européen? La question du mix énergétique est une question de souveraineté nationale. A l’échelle européenne, on a échoué à mettre en place des éléments de sécurité énergétique partagés, par exemple sur la question des stocks ou des interconnexions. Cependant, si on est sérieux sur l’idée d’une communauté européenne de l’énergie, il faut pouvoir parler ouvertement de ces sujets. Les engagements qui ont été pris en France sur la diminution de la part du nucléaire, c’est une contribution à la convergence européenne. On ne peut être les champions de la lutte contre le réchauffement climatique et rouvrir ses centrales à charbon comme l’a fait l’Allemagne. Vous faites de la transition énergétique un enjeu stratégique : pourquoi? Quand l’Union européenne est née, l’enjeu était d’assurer la sécurité alimentaire de l’Europe. Aujourd’hui, on peut estimer qu’assurer la sécurité énergétique est le nouvel enjeu. Pendant très longtemps en France, on s’est préoccupé de notre dépendance vis-à-vis de l’Algérie en matière d’approvisionnement en gaz. Aujourd’hui, la grande question stratégique, c’est la relation avec la Russie. Quand l’Union européenne, en 2007, définit les premiers éléments d’un nouvel de sa stratégie énergétique, c’est déjà lié à la Russie. C’est parce qu’Angela Merkel arrive au pouvoir après l’affaire Gazprom (qui a dévoilé les liens de l’ancien chancelier Gehrard Schröder avec l’entreprise russe, ndlr). Elle a besoin de reconstruire son capital de sympathie vis-à-vis des autres pays et elle met l’accent sur la question de la solidarité énergétique. Malheureusement, on a mal exploité ce moment. On a traité l’énegie uniquement comme un sujet de marché intérieur. On n’a pas mis l’accent sur le fait de parler d’une seule voix vis-à-vis de la Russie. On n’a pas affronté les grands groupes du secteur qui considèrent être dans une meilleure posture que l’Union européenne pour négocier les contrats avec la Russie. Le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen a récemment affirmé que les Russes mettent sur pied des campagnes anti-gaz de schiste pour préserver la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe. Qu’en pensez-vous? Il faut regarder les choses en face : dans les conditions actuelles, le gaz de schiste n’est pas soutenable. La question de la soutenabilité ne peut pas être à géométrie variable. On ne peut pas colmater d’un côté pour rouvrir une brèche de l’autre. L’enjeu se situe aussi dans la relation avec les Américains. Dans le cadre du traité transatlantique, la question de l’ouverture du marché européen à de l’énergie d’origine américaine pourrait se poser, par exemple concernant le charbon dont ils ne se servent plus parce qu’ils ont surexploité le gaz de schiste. L’Union européenne n’a pas de véritable budget pour financer la transition énergétique. Que proposez-vous? Il y a plusieurs pistes possibles. Celles qui sont classiques : la Banque européenne d’investissement, la mobilisation des fonds structurels, tordre un peu le cou à la réglementation. Et puis il y a des pistes nouvelles, comme celle de ressources propres dans le budget de l’Union. Il faut aussi savoir comme on invente de nouveaux outils financiers européens pour mobiliser l’épargne des Européens. Aujourd’hui, vous allez voir votre banquier, il vous propose des actions chinoises… J’exagère un peu. Reste qu’il faut penser à un patriotisme européen dans la mobilisation du capital. Ne redoutez-vous pas que le sommet Paris Climat, prévu en 2015, soit à nouveau une déception? On va essayer de ne pas recommencer. C’est un vrai test pour la France et pour Juncker. Lien vers l’article

Relever ensemble les défis de la transition écologique

La crise ukrainienne nous le rappelle cruellement et brutalement: la politique énergétique de l’Europe n’est pas seulement essentielle pour mener la bataille contre le changement climatique, fondamentale pour notre capacité à innover, à inventer la transition écologique, elle est aussi un enjeu géostratégique majeur. Elle a été malheureusement délaissée pendant trop longtemps, si bien qu’aujourd’hui la somme des politiques énergétiques nationales des États membres de l’Union nous affaiblit plutôt qu’elle ne nous renforce.
Pourtant, en 2007, l’Union européenne se posait en leader mondial de la lutte contre le réchauffement climatique, mais après les négociations ratées de Copenhague, l’absence d’une stratégie industrielle d’appui et l’effondrement de notre marché des droits d’émission de CO2, force est de constater que nous ne sommes plus suffisamment moteurs sur ces questions…

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Commission européenne : un homme, une femme.

Cette semaine de session à Strasbourg marque une étape importante de parlementarisation des institutions de l’Union européenne. Elle a vu Monsieur Juncker désigné au poste de président de la Commission, au terme d’une procédure véritablement démocratique. Nous l’avons imposée pour remédier au manque de transparence qui caractérisait jusqu’ici la nomination du chef de l’exécutif. Plusieurs facteurs ont contribué à ce succès. D’abord la volonté des parlementaires européens, et en premier lieu des Socialistes, qui ont, rappelons-le, inventé et fait accepter ce nouveau mode de désignation. Ensuite, le sens de la responsabilité et le souci de la légitimité de certains dirigeants européens, au premier rang desquels le président de la République française, François Hollande, qui le premier, au lieu de menacer de veto, a dit qu’il se rangerait à l’avis exprimé par les citoyens lors du vote aux élections européennes du 25 mai. Respectant la lettre et l’esprit du traité de Lisbonne, il a ainsi permis l’aboutissement du processus. Dans un même esprit de soutien à l’évolution institutionnelle européenne, et en phase avec le souci de parité déployé lors de la constitution des gouvernements français, il pourrait être à l’avant-garde d’une évolution incontournable en proposant au nom de la France deux personnes pour occuper le poste de commissaire, celui d’un homme et celui d’une femme.

Efficacité au Parlement, marchandages au Conseil

Communiqué de presse de Pervenche Berès, Présidente de la délégation socialiste française Strasbourg – jeudi 17 juillet 2014 Tard dans la nuit, les chefs d’Etat et de Gouvernement se sont quittés sur un désaccord quant aux nominations aux postes de responsabilité de l’Union européenne. Le contraste avec ce qui s’est passé lors de cette session au Parlement européen est saisissant : contrairement au Conseil, les députés européens ont, eux, prouvé leur efficacité en désignant le Président de la Commission, grâce à une procédure véritablement démocratique qui répond au besoin de lisibilité et de transparence exprimé par les citoyens. Cette semaine restera donc marquée d’un côté par un signe engageant de parlementarisation, et de l’autre par l’habituel marchandage auquel se livrent les Etats. Cet échec est décevant à plus d’un titre. Les Européens ne comprennent pas ces tractations qui n’ont que peu à voir avec les qualités des candidats en lice. Ils veulent au plus vite une Union en état de marche, une Europe qui agit, les protège, et cesse de les décevoir et met en œuvre sa réorientation, conforme à celle dessinée lors de la rencontre des responsables socialistes à Paris. Cette séquence conforte notre conviction que l’avenir de l’Europe et de ses institutions passe par davantage de démocratisation, un rôle plus grand des partis politiques européens, du Parlement européen, des parlements nationaux, également. Après l’élection au suffrage universel, le vote du budget, la co-décision, la réussite de cette nouvelle procédure de désignation du Président de la Commission marque une étape essentielle dans la montée en puissance de notre institution. Notre réussite nous autorise à envisager et à exiger pour la suite de nouveaux pouvoirs : le droit d’initiative qui fait encore défaut à notre institution et le droit, aussi, de déterminer, à jeu égal avec la Commission et le Conseil, la méthode pour doter l’Union de nouvelles ressources budgétaires -« les ressources propres », leur périmètre et leur affectation. Mandature après mandature, notre Parlement démontre sa responsabilité. La réorientation de l’Union et la relance de politiques volontaristes tournées vers la croissance et l’emploi passent par la reconnaissance de son action et l’octroi de nouvelles prérogatives.

Intervention en séance plénière dans le débat sur l’emploi des jeunes. 16/07/2014

Madame Morin-Chartier, reconnaissez-vous que cette « garantie jeunesse », non seulement nous nous sommes battus pour la mettre en œuvre, mais nous nous sommes battus pour qu’elle puisse bénéficier d’ores et déjà à des jeunes jusqu’à 30 ans? Qu’elle puisse être directement financée par le Fonds social européen et que la France, dans le gouvernement de M. Manuel Valls, se montre parfaitement exemplaire dans sa mise en œuvre puisque nous sommes quasiment le premier pays à avoir mis en œuvre cette garantie jeunesse.

Bouygues renvoyé devant le tribunal correctionnel pour travail dissimulé :« Pour lutter contre le dumping social, exigeons une révision de la directive détachement des travailleurs »

Communiqué de presse Bruxelles – mercredi 9 juillet 2014 « Le 1er juillet 2011, j’avais conduit une délégation d’eurodéputé-e-s sur le chantier de l’EPR de Flamanville afin d’enquêter sur les conditions de travail des salariés détachés », rappelle Pervenche Berès, Présidente de la Délégation socialiste française. « Sur place, nous avions trouvé un exemple d’esclavage moderne, véritable laboratoire européen du travail illégal. Déjà condamné pour homicide involontaire, le groupe Bouygues doit désormais répondre de plusieurs charges : emploi de salariés étrangers sans titre, prêts illicites de main-d’œuvre, travail dissimulé et marchandage. Ce renvoi de Bouygues et des sociétés Atlanco et Elco devant le tribunal correctionnel pour travail dissimulé n’est donc que justice », ajoute l’élue. Guillaume Balas, membre de la commission de l’emploi et des affaires sociales ajoute : « L’exploitation des salariés européens de Flamanville est un cas typique de contournement des règles européennes sur le détachement des travailleurs par des entreprises peu scrupuleuses. Si ce renvoi est légitime, nous devons obtenir la révision de la directive détachement des travailleurs au-delà de ce que nous avons déjà arraché sous la précédente mandature pour lutter contre le dumping social en Europe ». « Nous devons répondre à la défiance des citoyens envers l’Europe : pour cela, il faut construire une Europe sociale qui garantisse l’égalité de traitement. Nous voulons l’application du principe « à travail égal, salaire égal ». Ceux qui sont appelés à travailler dans un autre Etat membre doivent avoir accès à un salaire décent, au droit syndical, à la sécurité sociale, et pouvoir cotiser pour leurs droits à la retraite », concluent Pervenche Berès et Guillaume Balas.

Bonjour, bienvenue après cette pause électorale. Nous nous retrouvons pour un nouveau mandat et une première session parlementaire qui définit ce que sera ce Parlement. La montée en puissance du bloc des europhobes, pas des eurosceptiques mais bien des europhobes, nous oblige, nous, les démocrates à agir en responsabilité. C’est dans cet esprit que nous recomposons le Parlement européen, que nous avons désigné pour la première partie de cette mandature Martin Schulz qui a été confortablement élu et qui aura la lourde responsabilité de présider à la destinée de notre institution. Les europhobes, quant à eux, ont manifestement décidé de se servir de cette tribune, des moyens qu’offre un mandat de parlementaire européen pour aller à l’encontre de la proposition que nous faisons ensemble, d’une Europe plus forte, plus intégrée, pour construire un modèle économique qui permette à l’ensemble des États de l’Union européenne de sortir de la crise à laquelle trop d’entre eux sont encore confrontés. Nous avons au cours de cette session inaugurale aussi accueilli Mateo Renzi venu présenter les priorités de la Présidence italienne. Il l’a fait avec enthousiasme et ambition. Nous lui faisons toute confiance pour contribuer à la suite du sommet organisé avec François Hollande à Paris, à la veille du Conseil européen et pour impulser une vraie réorientation de l’Union européenne afin que l’investissement redémarre partout en Europe et permettre de créer ces emplois qui tardent tant à venir. Je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour la prochaine session qui connaîtra un vote majeur sur la proposition faite par le Conseil européen, en tenant compte du résultat des élections européennes, de désigner Jean-Claude Juncker comme Président de la prochaine Commission européenne.