L’Europe a-t-elle pris la mesure du problème du chômage?
Non! Le consensus existe au sein de l’Union autour de la lutte contre le déficit, mais combattre le chômage n’est pas considéré comme une priorité. Juste une variable d’ajustement ou un dommage collatéral de la crise financière. Pourtant, on voit ce qui se passe en Espagne. Le pays a accepté de se plier aux règles du pacte de stabilité. Il a mis en place des mesures de rigueur très dures. Mais il n’arrive pas à sortir la tête de l’eau ni à régler son problème de chômage.
Edito du mois de Juillet 2012
Pour une «Gauche durable»
Libération, Dimanche 8 juillet 2012
Tribune
Par Laurence Rossignol, Christian Paul, Pervenche Béres, Philippe Martin, Philippe Plisson, Barbara Romagnan, Nicole Bonnefoy, Pouria Amirshahi, Olivier Dussopt, Daniel Goldberg Député(e)s, sénatrices, députée européenne.
La victoire complète de François Hollande donne enfin à la gauche le pouvoir d’agir. Ce n’est pas une victoire empoisonnée mais une force. La gauche peut réussir et durer. Mais à quelles conditions ? Trois nous tiennent à cœur : repenser notre modèle de croissance, remettre l’égalité des territoires au cœur de l’action publique et créer des cadres démocratiques et participatifs nouveaux.
Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault propose à la France de faire face à la crise tout en réparant les injustices et déséquilibres provoqués par la droite. Son énergie risque d’être, tout entière, absorbée par le redressement budgétaire et social et les défis européens. L’appel à la croissance pour relancer l’emploi ne suffira pas. La croissance productiviste et consumériste des Trente Glorieuses pourrait bien n’être que la nostalgie d’une génération.
Nous ne croyons plus à la formule qui lie relance du pouvoir d’achat et de la consommation, relèvement du taux de croissance et baisse du chômage. Nous assistons à une mutation structurelle de notre mode de production et de consommation, et pas seulement à une crise.
Des taux de croissance et des gains de productivité faibles, la stagnation du pouvoir d’achat combinée à la hausse des inégalités et à un chômage endémique persistent dans les pays industrialisés. Partout sur la planète, l’épuisement de nombreuses ressources naturelles, la tension énergétique, le mouvement spéculatif des capitaux et l’âpreté de la compétition internationale dominent. Autant d’indicateurs qui ne présagent pas d’un miracle au cœur de la vieille Europe.
Pour faire le pont entre l’ancien et le nouveau modèle de développement, nous voulons utiliser tous les leviers de l’action pour une prospérité sobre en ressources, moins consumériste, précautionneuse à l’égard des êtres humains et de la nature. C’est aussi un modèle de coopération pour l’Europe, le Maghreb et l’Afrique.
Deuxième condition essentielle : engager la bataille de l’égalité des territoires et du déclassement. La transition énergétique et écologique ne se fera pas contre les populations vulnérables. Nous devons traiter à la racine les peurs qui naissent de la relégation dans les replis des fractures territoriales, bien loin de l’égalité affichée. L’isolement physique et social, l’insécurité s’aggravent. L’accès à la santé et à l’éducation n’est plus garanti. Les Français savent que rien ne sera jamais plus comme avant. Beaucoup sont inquiets. Une inquiétude à la fois intime et collective qui les paralyse. Quelle sera ma vie, celle de mes enfants ? Quel sera mon pays ?
L’analyse des votes confirme une fracture électorale aussi profonde que menaçante entre, d’une part, les grandes agglomérations et, d’autre part, les territoires ruraux, périurbains et les lointaines banlieues. Des millions de Français sont dans un tunnel dont ils ne voient pas le bout. Pendant les cinq ans à venir, nous ne devons pas, un seul instant, les quitter des yeux ou leur laisser croire qu’ils sont abandonnés par la République.
Passer du monde d’hier à celui de demain et garder les citoyens dans l’adhésion aux valeurs républicaines. Voilà la feuille de route du quinquennat. Nous devons convaincre les Français que changer de modèle n’est pas tourner le dos au progrès, mais lui donner une autre direction.
Pour emporter l’adhésion des Français et les enthousiasmer, la décision publique devra être partagée. La transformation du pays sera participative ou ne sera pas. Nous avons besoin de collectifs ingénieux et responsables, impliqués dans les arbitrages de l’intérêt général.
Pour relever ces défis politiques essentiels nous créons la Gauche durable (1). La Gauche durable réunit des parlementaires, des élus locaux et des citoyens engagés par leur action, leurs travaux, leur militantisme associatif, leur expertise dans la transition durable et démocratique de notre pays et de notre planète.
Au Parlement, la Gauche durable veillera à ce que les politiques fiscales et industrielles soient orientées en faveur de la transition d’une économie éreintée vers une économie décarbonée, numérique, innovante, créatrice d’emplois dans les PME ou l’économie sociale et solidaire. Malgré la crise, en 2009 et 2010, la création d’emplois dans la seule économie verte, qui représente près d’1 million d’emplois, a été soutenue (+4,5%).
Le budget de l’Etat concède 35 milliards de subventions qui ont un impact négatif sur l’environnement, et méritent la même rigueur que les autres niches fiscales. La réindustrialisation doit être orientée vers le long terme et les budgets recherche et développement doivent encourager la transformation des anciens secteurs et accélérer l’essor des nouvelles technologies.
Les emplois d’avenir doivent réellement préparer l’avenir : celui des bénéficiaires, bien sûr, mais aussi l’avenir commun. Leur affectation en faveur des territoires relégués et des activités nouvelles devra être une priorité. Nous avons besoin, pour l’intérêt général, d’une méthode qui renoue avec les corps intermédiaires sans céder aux corporatismes. Nous avons besoin d’un pilotage ferme qui ne vacille pas face à la puissance des lobbys financiers et industriels. La Gauche durable organisera, en rompant la loi du silence, un rapport de force pour appuyer les choix du gouvernement.
Mobiliser la société pour la transformer exige des signaux préalables forts et rapides : l’abandon sans retard du cumul excessif des mandats, le transfert de compétences supplémentaires, la transition énergétique donneront une impulsion nouvelle. Nous défendrons cette vision du changement et de la décentralisation.
Ouverte à tous ceux et celles qui se reconnaissent dans cette démarche, la Gauche durable a vocation à rassembler et à pousser les feux de la réflexion, de l’expression et de l’action. Les seules ressources inépuisables sont la créativité et la recherche pour soi et pour les autres d’une société meilleure !
(1) contact@lagauchedurable.fr
Interventionen séance plénière lors du débat sur le programmede la présidence chypriote
Monsieur le Président, cher collègue, avez-vous lu le traité de l’Union européenne?
ACTA : La Commission européenne fait l’expérience de la démocratie
Communiqué de presse – Mercredi 4 juillet 2012
Aujourd’hui, le Parlement européen vient d’enterrer une bonne fois pour toutes le traité ACTA. Pour les socialistes français ce vote marque avant tout un nouveau rapport de force interinstitutionnel avec la participation active des citoyens au débat européen.
ArcelorMittal : un pas vers une réponse plus européenne
Communiqué de presse de Pervenche Berès
Mardi 3 juillet 2012
A l’initiative de Pervenche Berès, Présidente de la Commission de l’emploi et des affaires sociales du Parlement européen, le Vice-président de la Commission européenne en charge de l’industrie et de l’entrepreneuriat Antonio Tajani a rencontré aujourd’hui à Strasbourg une délégation syndicale d’industriAll représentant les salariés européens du Groupe ArcelorMittal
« Je me réjouis que le Commissaire Tajani ait accepté de s’exprimer sur l’avenir de l’industrie métallurgique en Europe, en défendant l’économie réelle contre les dérives la financiarisation », déclare la Députée européenne française.
Les représentants des syndicats français, belges et luxembourgeois se sont exprimés sur les conséquences désastreuses de la stratégie financière conduite au niveau mondial par les dirigeants d’ArcelorMittal sur l’emploi et l’outil industriel européens.
La discussion a porté sur la nécessité de construire une véritable politique industrielle européenne, capable de répondre à l’enjeu de la réciprocité dans les échanges internationaux et de relever les défis de la sauvegarde et de la transition écologique du secteur sidérurgique.
« L’Union européenne ne peut plus être naïve dans la mondialisation. Elle doit non seulement innover mais aussi protéger et valoriser ses potentiels. Je soutiens dans cet esprit l’idée de bâtir une stratégie fondée sur la promotion de champions industriels européens, comme l’a évoqué Antonio Tajani », souligne Pervenche Berès.
A l’issue de la rencontre, le Commissaire européen a décidé de constituer un groupe de travail réunissant syndicats, entreprises et experts sur cette question, à l’instar de ce qu’il a engagé pour les secteurs de l’automobile et de la construction navale, ouvrant ainsi la voix du dialogue quant à l’avenir de la sidérurgie en Europe.
PRIPS: une réglementation ambitieuse des produits offerts aux investisseurs est indispensable pour assurer le financement durable de l’économie réelle.
Communiqué de presse du Groupe socialistes et Démocrates
« Les mesures proposées aujourd’hui par la Commission européenne sur les conditions de vente des produits d’investissement complexes aux petits investisseurs (« PRIPS ») vont dans la bonne direction mais il faut aller plus loin », a déclaré l’eurodéputée Pervenche Berès, qui rédigera le rapport du Parlement européen.
« Cette initiative vise à préciser le contenu des informations clefs devant être portées à la connaissance des investisseurs au moment de leurs décisions d’Investissement. Il est important pour de nombreux petits porteurs mais le Parlement européen doit saisir cette occasion pour favoriser l’orientation de l’épargne européenne vers le financement de long terme des besoins de l’économie réelle en permettant aux petits porteurs d’identifier l’utilité sociale liée à leurs investissements » estime Mme Berès.
« La protection des investisseurs européens ne saurait se limiter à la transmission d’informations exhaustives souvent peu compréhensibles pour le commun des mortels. Une meilleure information des petits investisseurs ne suffira pas pour leur permettre de réaliser les meilleurs choix en fonction de leur compréhension des caractéristiques des produits financiers.
C’est la raison pour laquelle je proposerai au Parlement européen que « PRIPS » définisse le cadre réglementaire des produits financiers susceptibles d’être vendus ou non aux petits porteurs », indique la socialiste française.
« En 2009 déjà, les chefs d’Etat et de gouvernement du G 20 réuni à Londres déclaraient « que l’ensemble des institutions financières, des marchés et des produits financiers d’importance systémique devaient être soumis à un niveau approprié de régulation et de supervision.
Le législateur européen doit désormais traduire en acte cette volonté plus que jamais d’actualité », conclut Pervenche Berès
Sommet de Bruxelles : un pacte de croissance pour l’Europe Sommet de Bruxelles
Communiqué de presse de la délégation socialiste française
Vendredi 29 juin 2012
Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne réunis à Bruxelles ont trouvé un accord afin de doter l’Union européenne d’un plan de relance de la croissance d’un montant de 130 milliards d’euros : recapitalisation de la Banque européenne d’investissement, utilisation effective des fonds structurels engagés, instauration d’obligations permettant de financer des projets d’infrastructures.
« L’orthodoxie affichée par la Chancelière allemande Angela Merkel l’isole de plus en plus au sein de l’Union européenne, suscitant même un rejet croissant de la part de ses partenaires conservateurs. L’accès au mécanisme européen de stabilité est étendu aux pays qui ne sont pas soumis aux programmes d’assistance financière, étape indispensable vers la mutualisation des dettes européennes. Reste à accorder une licence bancaire au MES pour permettre à la Banque centrale européenne de garantir indirectement les dettes souveraines » propose Liêm Hoang Ngoc, membre de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
« Sous l’impulsion de François Hollande, le Conseil européen a articulé la gestion de l’urgence en apportant son soutien à l’Espagne et l’Italie. Il a répondu aux exigences du court-terme grâce à l’adoption du Pacte de croissance conformément au mandat reçu des Français, et tracé la voie vers l’union bancaire que le Parlement européen appelait de ses vœux. Pour le long terme il a défini l’horizon d’une Union économique et monétaire rééquilibrée, solidifiée et démocratisée » estime Pervenche Berès, Présidente de la commission de l’emploi et des affaires sociales du Parlement européen.
« Grâce à l’action décisive du Président de la République, le Conseil européen a désormais intégré la nécessité pour l’Union européenne de mettre en œuvre une stratégie de croissance durable représentant 1% du budget européen. La discussion des grandes orientations économiques est désormais actée : l’Union européenne ne pourra sortir de l’ornière de la crise sans casser le cercle vicieux de l’austérité condamnant les Etats membres à une récession sans fin », déclare Catherine Trautmann, Présidente de la Délégation Socialiste Française.

